Le Zimbabwe, au-delà des évidences

Le Zimbabwe occupe une place singulière en Afrique australe. Moins fréquenté que ses voisins, vous trouverez de vastes espaces protégés, ainsi qu’une organisation du safari qui privilégie la qualité de l’observation et l’accompagnement sur le terrain.

Elephants marchant devant les montagnes de Gonarezhou au Zimbabwe

Histoire du Zimbabwe

Dès le XIᵉ siècle, le royaume de Great Zimbabwe contrôle les routes commerciales de l’or et de l’ivoire vers l’océan Indien. Les vestiges de pierre encore visibles près de Masvingo témoignent d’un pouvoir centralisé et d’une société hiérarchisée. Plus tard, les empires de Mutapa puis de Rozvi structurent à leur tour la région.

À la fin du XIXᵉ siècle, la British South Africa Company de Cecil Rhodes prend le contrôle du territoire, qui devient la Rhodésie du Sud. L’économie se développe autour de l’agriculture commerciale et de l’extraction minière, au bénéfice d’une minorité blanche. Une guerre de libération s’engage. Elle conduit en 1980 à l’indépendance du Zimbabwe et à l’élection de Robert Mugabe.

Les premières années sont marquées par un effort réel d’éducation et de santé publique. Le pays dispose alors d’infrastructures solides et d’un appareil administratif structuré. C’est la réforme agraire du début des années 2000 et l’hyperinflation de 2008 qui font chuter le pays dans une crise. Depuis 2009, l’abandon du dollar zimbabwéen au profit d’un système multi-devises, dominé par le dollar américain, stabilise de nouveau l’économie. 

Paysage de Mana Pools

Les Parcs Nationaux

Hwange

Le parc de Hwange, corridor migratoire avec le Botswana, constitue le plus vaste espace protégé du pays. Il abrite l’une des plus fortes concentrations d’éléphants d’Afrique australe. En saison sèche, des centaines d’individus se rassemblent autour des points d’eau. Buffles, zèbres, gnous et impalas fréquentent les mêmes zones. Lions, hyènes et lycaons suivent les concentrations d’herbivores. Le parc abrite également une forte population de léopards dans les secteurs boisés.

Certaines zones du Parc relèvent directement de l’administration nationale. D’autres sont exploitées en concessions privées, avec des camps de capacité limitée et une gestion active de la conservation.

Mana Pools

Au nord du Zimbabwe, Mana Pools s’étend sur plus de 2 500 km² le long du Zambèze, face à la Zambie. Ici vivent de nombreux hippos et crocodiles. Le nom « Mana » signifie « quatre » en shona. Il désigne les quatre grandes cuvettes formées par d’anciens méandres du fleuve.

Mana Pools est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour la qualité de son écosystème alluvial. Les éléphants y développent un comportement devenu emblématique. Certains mâles se dressent sur leurs pattes arrière pour atteindre les gousses en hauteur des mahoganies.

Le parc demeure volontairement peu développé. Les camps sont saisonniers pour la plupart, installés sans fondations permanentes afin de respecter les crues annuelles. Néanmoins ceux qui ne veulent pas abandonner leur confort seront servis. Certains des plus beaux camps du Zimbabwe se trouvent ici comme le Sausage Tree Camp. Mana Pools se distingue surtout par son approche du safari à pied, très présent dans le parc.

Gonarezhou

À l’extrémité sud-est du Zimbabwe, le parc national de Gonarezhou couvre plus de 5 000 km². Le paysage est structuré par les falaises de grès rouge des Chilojo Cliffs. Elles dominent la rivière Runde sur plusieurs kilomètres.

Il forme, avec le parc sud-africain du Kruger et le Limpopo mozambicain, le cœur du vaste écosystème transfrontalier du Great Limpopo. Les frontières politiques s’effacent au profit des corridors naturels empruntés par la faune.

Le nom Gonarezhou signifie « le lieu des éléphants » en langue shangaan. Le parc abrite en effet l’une des populations les plus importantes du pays. Les lions et les lycaons suivent leurs mouvements. On observe également buffles, zèbres, koudous et une avifaune dense liée aux cours d’eau permanents.

Gonarezhou est sauvage, peu fréquenté, éloigné des grands axes touristiques. Les camps sont simples avec une capacité limitée. Un partenariat étroit avec la Frankfurt Zoological Society a renforcé les dispositifs d’anti-braconnage, structuré la recherche scientifique et amélioré l’entretien des infrastructures.

Ruines du Great Zimbabwe vues du ciel

Great Zimbabwe

À une trentaine de kilomètres de Masvingo se trouvent les ruines de Great Zimbabwe. Édifié à partir du XIᵉ siècle, le site fut le centre d’un royaume prospère fondé sur le commerce de l’or et de l’ivoire vers la côte swahilie.

Les murs de granit, assemblés sans mortier, atteignent par endroits plus de dix mètres de hauteur. La Grande Enceinte, avec sa tour conique, témoigne d’une organisation politique et sociale structurée. Le nom du pays provient de ces ruines, « dzimba dza mabwe », les grandes maisons de pierre.

Une formation de guides exigeante

Le Zimbabwe a par ailleurs développé l’un des systèmes de formation de guides les plus exigeants d’Afrique australe. L’obtention de la licence professionnelle requiert plusieurs années d’apprentissage, des examens théoriques poussés en écologie, météorologie, géologie, ainsi que des épreuves pratiques strictes.

La qualification de Professional Guide, nécessaire pour conduire des safaris pédestres dans des zones comme Mana Pools ou Hwange, représente l’un des niveaux les plus élevés. Elle suppose une maîtrise complète des armes de protection, des premiers secours avancés, ainsi qu’une lecture fine du terrain et du vent.

Quand partir au Zimbabwe

Le Zimbabwe occupe un plateau situé à plus de 1 000 mètres d’altitude.

De mai à octobre, durant l’hiver austral, le climat est sec et les températures modérées. La végétation se raréfie progressivement et la faune se concentre autour des points d’eau, en particulier à Hwange et Mana Pools. Les conditions d’observation sont alors favorables. De novembre à mars, les pluies transforment les paysages, donnant au pays une couleur exceptionnelle. Les oiseaux migrateurs arrivent et les naissances se multiplient.

Budget et mode de voyage

Le Zimbabwe permet d’envisager plusieurs niveaux de budget selon la manière dont vous choisissez de le parcourir. Le pays se prête au self-drive, notamment à Hwange ou dans les Matobo Hills, grâce à un réseau de pistes accessibles et à des camps gérés par l’Autorité des parcs. Cette formule suppose une préparation rigoureuse et une bonne autonomie. À l’autre extrémité, il est possible d’organiser un itinéraire en vols légers reliant directement Victoria Falls, Mana Pools ou le lac Kariba, avec des lodges opérant sur le modèle des concessions privées du Botswana ou de la Zambie. Ces établissements offrent un encadrement complet, une logistique intégrée et un haut niveau de guidage.

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