Le Peuple San d’Afrique Australe

Le peuple San, parfois appelés « Bushmen » dans les récits coloniaux, sont considérés comme les plus anciens habitants documentés de l’Afrique australe. Leur présence sur le territoire remonte à plusieurs millénaires, comme en témoignent les nombreux sites d’art rupestre et la richesse de leurs savoirs.

Qui sont les San ?

Les San forment un groupe de populations autochtones réparties aujourd’hui essentiellement en Namibie, au Botswana, en Afrique du Sud et dans certaines zones du Zimbabwe. Ils parlent des langues à clics, regroupées sous l’appellation khoïsan. Historiquement des chasseurs-cueilleurs nomades ils ont développé une connaissance des écosystèmes désertiques du Kalahari et du Karoo.

Leur mode de vie traditionnel reposait sur la mobilité, la traque de petits animaux à l’arc et l’utilisation de plantes locales pour se nourrir, se soigner ou s’orienter. Ces communautés ont prospéré pendant des millénaires grâce à la transmission orale de génération en génération.

L’arrivée des colons européens à partir du XVIIe siècle, d’abord au Cap puis progressivement vers l’intérieur du continent, a profondément bouleversé leur équilibre.. Accusés de braconner sur des terres devenues privées, ou de gêner l’expansion des activités pastorales, ils ont été progressivement dépossédés de leurs territoires, déplacés ou marginalisés.

Durant les XVIIIe et XIXe siècles, les San ont été victimes de violences. Certains récits coloniaux font état de véritables campagnes d’extermination. Dans d’autres cas, les San ont été contraints de se sédentariser, d’abandonner leur mode de vie et de se fondre dans des structures économiques ou sociales dominées par d’autres groupes.

Aujourd’hui encore, de nombreux San vivent en marge, sans accès équitable aux terres, à l’éducation ou aux ressources.

L’héritage du peuple San

Peintures rupestres

Les San ont laissé un patrimoine pictural remarquable dans toute l’Afrique australe. Leurs peintures rupestres, souvent réalisées avec des pigments naturels sur des parois rocheuses sont visibles dans de nombreuses régions : le Cederberg et le Drakensberg en Afrique du Sud, les collines de Matobo au Zimbabwe, ou encore le massif de Brandberg en Namibie, qui abrite la célèbre « Dame blanche ».

Un savoir partagé

Leur vision du monde repose sur une relation d’interdépendance entre les êtres humains et leur environnement. Les rituels de guérison et les danses collectives jouent un rôle central dans l’équilibre entre le monde visible et les forces invisibles.

La transmission des savoirs se fait principalement par voie orale de génération en génération.

Conscients de la fragilité de ce patrimoine, des linguistes et anthropologues collaborent aujourd’hui avec des locuteurs San pour documenter leurs langues, les enseigner et favoriser leur usage dans les écoles locales, notamment en Namibie, où certains programmes pilotes ont vu le jour.

Des guides formés dans des projets communautaires partagent aujourd’hui avec les visiteurs leur connaissance du terrain : arbres à écorce comestible, tubercules riches en eau, lecture des traces animales, fabrication d’outils ou de collets avec les ressources disponibles

Où rencontrer et soutenir les San aujourd’hui ?e

Plusieurs initiatives permettent aujourd’hui de rencontrer des représentants des communautés San et ainsi comprendre leur culture :

  • A une heure de route de Cape Town, !Khwa ttu est géré par une communauté San. Des visites guidées sont proposées en anglais, centrées sur les langues khoïsan, la botanique traditionnelle, l’histoire coloniale et les réalités contemporaines des San. Le lieu accueille également une académie pour former les jeunes San aux métiers du tourisme.
  • Bushmen Plains Camp est un camp safari situé dans le delta de l’Okavango. Il est reconnu pour être le premier camp appartenant et exploité par des Sans au Botswana.  Les guides sont issus des communautés locales et partagent leur connaissance du pistage, des plantes médicinales et des techniques de vie en milieu aride.
  • En Namibie, des conservancies communautaires gèrent les revenus générés par le tourisme. Ces structures collectives créent des emplois durables, financent des services essentiels et encouragent une gestion responsable du territoire. C’est notamment le cas de Nambwa à Mayuni ou de plusieurs campings à Bwabwata.
  • Le Kuru Art Project (Botswana) soutient depuis les années 1990 des artistes San contemporains en milieu rural. Les œuvres, réalisées à partir de motifs traditionnels ou de récits personnels, sont vendues localement ou à l’international.

Chaque voyage commence par une conversation.

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